Caudalie et sipralexa

Pendant l’année scolaire, je n’ai pas toujours le temps de prendre soin de moi, je cours du travail aux activités des filles ( et depuis cette année, je me traîne plutôt que de « courir »). Je n’ai que rarement l’occasion d’aller chez le coiffeur, seulement quand je suis « en permanence » ( de garde) en croisant les doigts pour que le planning ne m’appelle pas au milieu de ma coupe; ou chez l’esthéticienne ( je suis en train de devenir le genre de sorcière avec des poils sur le menton dont auparavant je me moquais en mon for intérieur ).

Tant que je travaille, je n’ai pas non plus le temps d’être malade. Cela peut sembler une boutade mais je garde les problèmes de santé pour les « vacances »: tout comme de nombreux free-lance et indépendants, tant que les symptômes sont gérables, on va travailler, sinon on n’est pas payé. En tant que maman solo, je ne peux pas non plus prendre de « congé maladie » car il n’y a personne pour prendre le relai avec les enfants. Donc on fait de son mieux même quand on n’est pas au top. On va travailler avec de la fièvre, de la toux ou une dépression parce qu’il faut bien payer le prêt hypothécaire, la nounou et les cours de langue des enfants, sans compter mes petits desserts et les produits Caudalie qui encombrent ma salle de bain ( je suis sujette aux achats compulsifs; je n’utilise pas nécessairement les crèmes et lotions que j’achète).

De fin juillet à début septembre, je n’ai pas de travail et j’en profite pour régler mes problèmes administratifs et médicaux. J’ai été consulter un psychiatre pour ma fatigue persistante. Il a proposé de me mettre en arrêt maladie mais comme je suis indépendante, cela ne m’arrange pas. Et puis de toute façon, je ne travaille pas pour l’instant.

Le psychiatre m’a prescrit des anti-dépresseurs. J’ai commencé à les prendre ce matin et bien sûr, cela n’a pas un effet immédiat mais cela m’a déjà fait un bien énorme de pouvoir parler de ce qui ne va pas ou ce qui est difficile à gérer.

J’ai enfin eu l’occasion de demander de l’aide à un professionnel. Pendant la consultation, je pouvais avouer ce qui me pèse depuis le décès de mon père et espérer trouver une solution. Avant ça, je consultais déjà une psychologue mais ses appels à la bienveillance et ses encouragements n’ont pas suffi à me sortir de ma torpeur. Je pense que la prise de médicaments et les consultations avec un(e) psychologue/ psychiatre peuvent se compléter utilement.

Je ne suis pas la 1ère ni la dernière à être désemparée suite au décès d’un parent ( et ce même si la relation avec le parent en question était loin d’être optimale) ou à connaître des phases dépressives. Je suis consciente des stigmates qui se rattachent à la santé mentale: on a le droit de souffrir de la goutte ou du diabète mais si on parle ouvertement de dépression, cela semble « bizarre ».

Mais je préfère être qualifiée de « bizarre » et suivre un traitement approprié qui je l’espère, me permettra de retrouver mon enthousiasme, plutôt que de faire semblant que tout est OK et de me morfondre dans mon amertume, ma fatigue et mon irritabilité. L’hypocrisie et le déni n’ont jamais guéri personne. C’est ma responsabilité d’aller mieux mais pas nécessairement en me cachant. Parler ouvertement de ce que l’on traverse est déjà une manière d’assumer le problème.

Sur la photo d’illustration en haut de l’article figurent le bois et le pré que j’ai hérités mais que je laisse à l’abandon. Pourtant quand mon père était vivant mais diminué par les séquelles de son AVC, c’est moi qui organisait l’entretien. Depuis sa mort, je n’y ai presque plus mis les pieds même si à présent c’est officiellement à moi. Récemment, j’ai trouvé des locataires pour le pré en échange de l’entretien. Début août, il devrait à nouveau y avoir un cheval et un poney. 

3 commentaires sur “Caudalie et sipralexa

  1. En fait, vu ton contexte, c’est normal que tu ne sois pas bien: maman solo, indépendante qui n’a pas le temps et l’opportunité de prendre soin d’elle. Et aller chez le psy pour aller mieux, c’est bien mais c’est comme te rejeter la faute (et te sentir coupable) alors que c’est la société actuelle qui fait qu’on en arrive à des situations comme ça. On prend des antidépresseurs pour nous permettre de fonctionner dans un contexte qui n’est pas normal à la base et ça, c’est n’importe quoi.
    Courage

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    1. Je ne jette pas la pierre à « La société: » car je crois en la responsabilité personnelle dans la façon d’assumer sa vie ou pas. Pour l’année scolaire prochaine, je cherche plutôt des solutions pour être moins fatiguée et mieux organisée: travailler un peu moins, moins d’activités parascolaires pour les enfants ( on n’est pas plus heureux avec 4 hobbies qu’avec 2), une nounou qui fasse aussi des tâches ménagères, aller dormir plus tôt…

      Aimé par 1 personne

      1. Perso, je crois en la responsabilité perso et en la responsabilité de la société…mais c’est vrai, tout dépend des cas…On n’a pas besoin d’avoir autant d hobbies si on n’est pas demandeur.se, c’est sûr…

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