Sérotonine

En résumé, c’est l’histoire d’un type, passablement antipathique, qui n’arrive pas à sortir de sa dépression. Tout au long de la lecture, on se demande si et quand il va se suicider ( le comment est secondaire). Le narrateur n’a pas la moindre qualité rédemptrice, ce qui sauve le roman, c’est le style. Un roman bien écrit est suffisamment rare pour être signalé.

L’autre qualité du récit, c’est l’humour, un humour désespéré ou plutôt un fatalisme ironique. On assiste à la décomposition d’un homme et ce qui lui reste d’existence. Les flash blacks peuvent se lire comme un mode d’emploi pour gâcher sa vie: saboter ses relations amoureuses, ne pas avoir d’enfant, ne plus se faire d’amis après les études, ne pas avoir de vie sociale, faire un boulot inutile… le cumul des échecs plutôt qu’un élément en particulier. Une lacune dans l’un ou l’autre domaine est surmontable, mais quand on a tout raté et surtout qu’on n’a plus personne à qui parler, c’est plus difficile d’être joyeux.

Bien sûr, l’auteur a forcé le trait. Le narrateur, même s’il lui a emprunté un certain nombre d’idées et de caractéristiques, n’est pas son alter ego. L’écrivain en est à son 3ème mariage; le « héros » du roman a su éviter tout engagement et toute action. Il ne fait rien et il le fait tristement. Il revient sur les traces de son passé ce qui, dans le cadre d’une vie ratée, n’est généralement pas une bonne idée.

Pour se donner une occupation, il envisage de tuer le petit garçon de son ancienne compagne dans l’espoir qu’une fois son chagrin cuvé ( il veut bien lui laisser 6 mois), elle revienne vers lui. Dans ses divagations, ils pourront se retrouver comme autrefois, être heureux ensemble ( et faire un  » nouvel enfant » si elle le désire ). Mais ce bonheur-là, il l’avait à portée de main 15 ans plus tôt et cela ne lui a pas suffi. Il laisse tomber son projet de meurtre et de reconquête car l’exécution de tout projet dépasse son niveau d’énergie.

Continuer à développer les lignes du récit dépasserait mon propre niveau d’énergie ( de toute façon, ca tourne en rond). Si vous avez envie d’un roman sur la dépression, bien écrit et bien documenté, narré par un personnage apathique et antipathique, « Sérotonine  » vous comblera. Ou si tout simplement vous êtes à la recherche d’un livre qui respecte les règles de grammaire et de ponctuation et dispose d’un vocabulaire varié, le dernier Houellebecq fera l’affaire.

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